Soleil d’Orient, la Reine des épaves

Notre ville de Lorient tiendrait son nom du Soleil d’Orient, le premier navire construit par la Compagnie des Indes sur son futur site – d’abord appelé Le Soleil d’Orient par les ouvriers qui y travaillaient, le chantier devint peu à peu L’Orient. Coulé au large de Madagascar, le Soleil d’Orient fait rêver les chasseurs d’épaves du monde entier…

Une maquette du Soleil d'Orient

Une maquette du Soleil d’Orient

Un navire splendide, une mission d’envergure

Sur le chantier naval de la future ville de Lorient, à la fin du XVIIème siècle, la Compagnie des Indes engage la construction d’une série de navires destinés au commerce des Indes et de la Chine. Construit en 1671 par le maître charpentier hollandais Looman, le Soleil d’Orient est son premier bateau d’envergure : 1000 tonneaux, équipé de 60 canons, il veut

Armoiries de la Compagnie des Indes Orientales

Armoiries de la Compagnie des Indes Orientales

concurrencer les navires des compagnies anglaises et hollandaises des Indes orientales, qui dominent les océans…

La série de bateaux issus du chantier de la Compagnie française des Indes Orientales doit, selon le vœu de Colbert, « naviguer et négocier depuis le cap de Bonne-Espérance dans toutes les Indes et mers orientales ».

Mais dès son voyage inaugural, le 6 mars 1971, le Soleil d’Orient subit plusieurs avaries, au large de la Rochelle puis à proximité de l’île de Mozambique. Et son second grand voyage sera malheureusement le dernier…

Une cargaison royale

Le 16 septembre 1681, le capitaine de Boispéan ordonne le départ de Bantam, sur l’ïle de Java, en Indonésie. Le Soleil d’Orient est chargé d’une cargaison mirifique, constituée par

Le Soleil d'Orient

Le Soleil d’Orient

le roi du Siam Phra-Naraï, et destinée au roi Louis XIV : 60 caisses de cadeaux et marchandises destinées aux membres de la famille royale, à Colbert, au Pape et à la cour de Rome.

L’inventaire en est fascinant : canons ouvragés, services de table en métaux précieux, porcelaines de Chine, meubles et vases luxueux, diamants, épices… sans compter les lettres royales rédigées sur des lames d’or.

C’est donc l’une des plus riches cargaisons jamais embarquées sur les océans… Mais après une escale à Fort-Dauphin (aujourd’hui Tonalaro), au sud-est de Madagascar, Le Soleil d’Orient sombre, emportant avec lui les trésors du Siam.

La quête au long cours du Soleil d’Orient

Que s’est-il passé ? Des pirates auraient-il essayé de s’emparer du navire, comme l’a prétendu le capitaine d’un navire anglais passant à proximité ? D’après Erick Surcouf, le célèbre chercheur de trésors engloutis, le navire aurait été pris dans une violente tempête.

Fasciné par l’histoire du Soleil d’Orient, Surcouf a en effet longuement enquêté autour du naufrage, survenu selon lui peu après l’appareillage, à quatre lieues au nord-est de Fort-Dauphin. Dans un passionnant ouvrage, Trésors terrestres et sous-marins : ces fabuleux trésors et leur chasse effrénée, il fait part de ses recherches.

D'après l'UNESCO, 3 millions d'épaves reposeraient au fond des océans

D’après l’UNESCO, 3 millions d’épaves reposeraient au fond des océans

De nombreux chercheurs, aux motivations économiques ou archéologiques, se sont essayés à trouver la fabuleuse épave, comme le journaliste et archéologue Robert Sténuit, qui parle de « l’Everest de l’archéologie sous-marine », ou le chercheur d’épaves suédois Sverker Hallström… en vain.

Un scénario de rêve

Erick Surcouf, après s’être déclaré certain de sa localisation à 99%, a imaginé une reconstitution digne de l’extraordinaire histoire du Soleil d’Orient : « Quand j’aurai trouvé le

Erick Surcouf

Erick Surcouf

trésor, j’aimerais faire une grande reconstitution de la cérémonie à la Galerie des Glaces du Château de Versailles, au cours de laquelle de faux ambassadeurs siamois remettraient les merveilles du roi Phra Naraï à un Louis XIV en chair et en os, les rôles étant joués par des comédiens ! ».

On lui souhaite de voir sa quête couronnée de succès… et de voir exposés un jour au Musée de la Compagnie des Indes, à Lorient, quelques-uns de ces fabuleux trésors ! 

2 réflexions sur « Soleil d’Orient, la Reine des épaves »

  1. Je suis passionné de la marine à voile militaire et naturellement car mon grand-père et arrière grand parents sont originaires de Saint-Malo et environs.
    je n’ai pas connu mon grand-père Laurent françois né en 1886 et mort en 1932 et je suis né en 1939 et j’habite la région de CharlesRoi en wallonie (belgique).

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